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Bulletins l'Info-SARTEC - Entrevues | Dec. 20, 2012

Spécial Cinéma cet automne

Par Mathieu Plante

Pour notre Spécial cinéma, nous avons choisi de donner la parole à ceux qui d'ordinaire ne nous parlent qu'à travers leurs personnages, les scénaristes. Des contingences de temps ont malheureusement empêché certains de se prêter au jeu de notre petit questionnaire, mais d'autres ont pu y prendre part, avec d'étonnants résultats. Sur un total de sept questions, ils pouvaient choisir lesquelles les inspiraient le plus. Voici ce qu'ils ont eu à nous dire à propos de leurs toutes nouvelles créations...

Avant que mon cœur basculecoécrit par Sébastien Rose et Stéfanie Lasnier, réalisé par Sébastien Rose, Reprise Films

Ésimésac, écrit par Fred Pellerin, réalisé par Luc Picard, Cité-Amérique

Inch'Allah, écrit et réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette, Micro-Scope

L'affaire Dumont, écrit par Danielle Dansereau, réalisé par Podz, Go Films

 

  • Anaïs Barbeau-Lavalette

    Inch'Allah (Micro_Scope) 

     

    CINÉMA
    (Long métrage fiction)
     
     Inch'Allah
     Le Ring
     
    (Documentaire)
     
     Si j'avais un chapeau
     Les mains du monde
     Buenos Aires, no IIores
     Les Petits Princes des bidonvilles
     
    TÉLÉVISION (documentaire)
     
     Les voix humaines
     Se souvenir des cendres
     Les Petits Géants
     Tap-Tap


    On a toujours des scènes fétiches dont on est particulièrement fier. Laquelle est-ce dans votre prochain film?

    La scène de laquelle je suis la plus fière est aussi celle qui m’a donné le plus de fil à retordre lors de l’écriture. Il s’agit de la scène entre Faysal (frère de Rand) et un soldat israélien. La sœur de Faysal est en train d’accoucher dans la voiture, car un chekpoint lui barre le passage pour l’hôpital. Faysal, qu’on connaît jusqu’alors plutôt comme un dur, va tenter de discuter avec le soldat, sous haute tension, afin de le convaincre de les laisser traverser.

    Je voulais qu’à ce point-ci de l’histoire, ce personnage puisse nous toucher, qu’il devienne accessible, que son armure tombe. Qu’on y reconnaisse un frère, dans sa fragilité. Je voulais aussi qu’à cet instant, on puisse ressentir toute la fraternité possible entre un jeune Palestinien et un jeune Israélien. Je voulais même qu’ils se ressemblent, qu’on ait pu les échanger de place et de peaux. Valérie Beaugrand-Champagne, qui m’a accompagnée dans l’écriture d’Inch’Allah, m’a poussée à continuer de chercher par quelle porte ces deux personnages-là, habituellement si loin, pouvaient connecter. J’ai cherché longtemps et je suis allée loin avant de trouver la porte du football, pourtant si simple. Ils encouragent la même équipe. Adulent le même défenseur. Il y a un match qui commence bientôt et l’un comme l’autre donnerait tout pour être ailleurs qu’à ce point de contrôle. Il s’en faudrait de peu pour qu’ils écoutent le prochain match ensemble.

    La scène est finalement très simple, le lien qu’on croirait impossible se crée de façon perceptible à travers le chaos. Ils auraient pu être frères.

    Je suis contente de cette scène parce qu’en bout de ligne elle pourrait se produire. Elle est ancrée dans un certain réalisme, même si elle touche à une utopie.

    À l'inverse, quelle situation ou personnage vous a donné le plus de fil à retordre à l'écriture?

    C’est le personnage principal qui m’a semblé le plus difficile à camper. Chloé est mon alter ego. Il a fallu que je me sépare d’elle. À un certain moment je l’ai tellement éloigné de moi que je ne savais plus qui elle était. J’ai alors travaillé à la rapprocher à nouveau de moi, à trouver l’équilibre entre moi et la totale étrangère. C’est un personnage complexe, car je la voulais secrète. Mais un personnage secret dans un pays étranger, ça ne laisse pas beaucoup de portes d’entrée. Elle n’est pas entourée de ses amis habituels, ni de sa famille. Elle ne porte pas ses vêtements habituels, ne parle pas sa langue, habite dans un appartement qui n’est pas le sien…Ça laisse donc peu de choses pour nous la raconter. Elle se révèle par sa façon de recevoir le pays, par les liens qu’elle y développe, et par la fêlure qui s’opère progressivement en elle. Je me reconnais dans la force fragile de mon personnage. Elle est une locomotive, qui déraille. Comme ça peut nous arriver à tous.

    Avez-vous des « exercices » ou « jeux » de créativité que vous faites à certains moments de l'écriture pour ouvrir des pistes ou régler certains problèmes?

    J’ai un jeu de cartes anglais recommandé par un ami. Le jeu s’appelle STRATÉGIES OBLIQUES, et est développé par Brian Eno et Peter Schmidt. L’idée est d’indiquer de nouvelles pistes créatives, de pointer de nouveaux chemins auxquels on aurait pas tout de suite pensé. Le jeu est présenté comme soulevant « plus de cent dilemmes qui en valent la peine ». Les pistes énoncées sont vagues, juste assez pour pouvoir les appliquer avec toute la liberté nécessaire. Quelques exemples : « Go outside and shut the door »; « Don’t be afraid to display your talents »; « Disconnect from desire»; « Ask your body »; « Be dirty »; « Be less critical more often »; « Don’t avoid what is easy »; « Emphasize the flaws »; « Listen to the quite voice»; « Not building a wall, but making a brick »; « Trust in the you of now »…

    La version française n’existe malheureusement pas encore. Je connais maintenant par cœur les cent dilemmes et ils m’ont pour la plupart été utiles lors de l’écriture. Sur le tournage, je faisais piger une carte chaque matin aux membres de l’équipe, et chacun se laissait guider (ou questionner) par sa carte qui devenait boussole (ou obscur labyrinthe)!

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  • Danielle Dansereau

    L'affaire Dumont (Go Films)

     

    CINÉMA
     
    L'affaire Dumont
     
    TÉLÉVISION
     
    ► 19-2
    ► Le négociateur
    ► Tribu.com
    ► Diva
    ► Watatatow
    ► Bibi et Geneviève


    Qu’est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier de scénariste ? Les script-éditeurs, la littérature, le cinéma, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    Le plus formateur dans l’exercice de mon métier de scénariste? Paradoxalement : la discipline, la rigueur (cent fois sur le métier...) et la liberté, la délinquance, les voies de travers.

    La fréquentation de mes semblables, que ce soit dans la rue, les transports en commun, le supermarché, les files ou les salles d’attentes de tout acabit, les réunions familiales ou amicales ou encore à travers des oeuvres littéraires, picturales ou musicales...

    La pratique du doute.

    La marche en forêt, la fréquentation d’espaces naturels et... Le rappel à l’essentiel : qu’est-ce que je veux dire au juste? Quelle est la quête de mes personnages. Leurs obstacles. Leurs dilemmes. En quoi ces éléments trouvent une résonance profonde dans mon expérience personnelle. C’est toujours par là qu’il faut creuser. En soi. Où se trouvent les réponses et l’originalité.

    Avez-vous des « exercices » ou « jeux » de créativité que vous faites à certains moments de l'écriture pour ouvrir des pistes ou régler certains problèmes?

    J’essaie d’imaginer comment raconter l’histoire sans dialogue. 

    L’onirisme sous toutes ses formes. Éveillée ou endormie.

    J’essaie parfois d’imaginer ce que serait le scénario si  la protagoniste était un gars ou vice-versa, si le héros était une fille...

    Je cherche d’autres angles, même s’ils sont farfelus.

    L’écriture d’un scénario appelle beaucoup de commentaires à toutes les étapes du processus avant de passer à sa réalisation – croyez-vous qu’il soit possible de rester ouvert aux commentaires sans s'éloigner de sa propre vision ? Comment réagissez-vous quand on vous demande de sacrifier des choses auxquelles vous êtes particulièrement attachés (kill your darlings)?

    Question cruciale. Oui, les premiers lecteurs sont très importants, car ce sont eux, avec leur lecture « vierge » qui peuvent nous dire si ce qu’on essaie de dire passe. J’accueille plutôt bien leurs réactions. Là où les lecteurs butent, c’est là où ça cloche. Ça me dit que je n’ai pas eu le talent de bien raconter ce qui veut se raconter. Et je me remets à l’ouvrage.

    Là où c’est plus déconcertant, c’est quand il y a avalanche de commentaires de la part de décideurs et que ceux-ci divergent. À un point que ce que l’un te reproche est précisément ce qui est encensé par l’autre.

    Je me méfie des pistes de solutions que certains lecteurs prodiguent. Et je trouve extrêmement difficile qu’on me demande de « sacrifier » des éléments du scénario. Car il n’y a rien pour rien dans un scénario. Tout a un sens. Dans mon expérience, ces sacrifices touchent presque toujours les éléments qui me tiennent le plus à coeur. Le défi est de voir comment mieux les intégrer, dans une forme différente, sans tout jeter. Mais oui, il y a souvent des sacrifices par rapport à sa vision première et c’est une blessure pour l’âme. Insidieuse. Je ne sais pas si on s’en remet.

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  • Fred Pellerin

    Ésimésac (Cité-Amérique)

     

    CINÉMA
     
    ► Ésimésac
    ► Babine
     
    SPECTACLE
     
     Dans mon village il y a Belle Lurette
    ► Il faut prendre le taureau par les contes
    ► Comme une odeur de muscles
    ► L'Arracheuse de temps
    ► De peigne et de misère
     
    Aussi, trois livres-disques, deux DVD
    et deux albums solos.


    On a toujours des scènes fétiches dont on est particulièrement fier. Laquelle est-ce dans votre prochain film?

    (Prochain film? Dernier film...!)

    Dans Ésimésac, la scène dont je suis fier est celle de la flamenco-plomberie d'Ésimésac qui plonge son ombre de gland dans le trou de l'évier pour aller récupérer la pétale de Lurette. Quand je racontais ce bout d'histoire sur scène, ça créait un beau jasage à deux étages. Et j'avais hâte de voir comment tout ça pouvait se transposer à l'écran sans devenir trop osé, ou vulgaire, mais en gardant sa charge érotique. On l'a eu, je pense. 

    À l'inverse, quelle situation ou personnage vous a donné le plus de fil à retordre à l'écriture?

    Le fil à retordre, je me le suis trouvé surtout dans la forme. Dans le format. Dans la structure qu’impose l’écriture d’un scénario. Comme j’ai le cerveau habitué à mouliner du conte, ça m’a pris un temps à ingérer la manière. Et quand je m’y remets, ça demande toujours un ajustement. Comme si fallait que je change la douille avant d’attaque l’ouvrage.

    Qu’est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier de scénariste? Les script-éditeurs, la littérature, le cinéma, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    Pour moi, le plus formateur a été cette coach qu'on m'a installée en intra-veineuse dès l'écriture de Babine. Pour apprendre les manières et construire mes structures d'histoire, j'avais une Joanne Arseneau au bout de la ligne. Tout le temps. Pour dix minutes ou quelques heures. En plein matin ou sur un soir noir. Dring! Dring! Une sonnerie d’aide avec de la lumière au bout. Du disponible, de la clarté, de la rigueur, et on se rappelle.

    Avez-vous du mal à laisser aller votre scénario une fois qu'il est terminé? Restez-vous en contact avec le réalisateur pendant le tournage?

    J’ai eu la chance d’avoir une bonne relation avec Picard, réalisateur des deux films que j’ai écrits. Il m’a laissé flâner dans le laboratoire, il m’a laissé me fourrer le nez dans chacune des étapes de la production. Comme ça, je me suis pas senti dépossédé.

    Avez-vous le sentiment que la scénarisation est un métier méconnu des spectateurs? Des chroniqueurs? Des critiques?

    Ce que j’ai découvert, comme scénariste neuf que je suis, c’est que l’idée qu’on se fait du scénario est parfois plutôt romantique quand on en n’a pas fait. Rapidement, toutefois, à s’y tremper les idées, on découvre que le scénario et pas une œuvre littéraire, mais une structure, une explication, un ordre du jour. C’est la recette, mais c’est pas le gâteau. Moins romantique qu’on pense… !

    L’écriture d’un scénario appelle beaucoup de commentaires à toutes les étapes du processus avant de passer à sa réalisation – croyez-vous qu’il soit possible de rester ouvert aux commentaires sans s'éloigner de sa propre vision ? Comment réagissez-vous quand on vous demande de sacrifier des choses auxquelles vous êtes particulièrement attachés (kill your darlings)?

    Je réagis bien aux commentaires, aux suggestions, aux réactions. Je suis preneur. J’en demande. Pour être arrivé au scénario par le conte, je transporte avec moi ce besoin de savoir, d’entendre l’écho de ce que je dis, pour pouvoir améliorer mon rythme, les images et la façon de les rendre.

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  • Stéfanie Lasnier

    Avant que mon cœur bascule (Cité-Amérique)

     

    CINÉMA
     
    ► Joyeux, séniles et impénitents (en développement)
    ► Joseph et moi (en développement)
     
    ► Avant que mon cœur bascule
    ► Le banquet, conseiller à la scénarisation
    ► La vie avec mon père
     


    Qu’est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier de scénariste? Les script-éditeurs, la littérature, le cinéma, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    C’est grâce à la littérature et au cinéma que je suis devenue familière avec les différents types de récits, de structures narratives et de genres. Certains livres sur la scénarisation m’ont aidés à mieux structurer mon travail, tandis que la lecture de scénarios m’a donné le goût de m’y mettre à mon tour.

    L’écriture d’un scénario appelle beaucoup de commentaires à toutes les étapes du processus avant de passer à sa réalisation – croyez-vous qu’il soit possible de rester ouvert aux commentaires sans s'éloigner de sa propre vision ?

    Oui, si on sait quand faire la sourde oreille. Lorsqu’on me dit ce qui ne fonctionne pas et pourquoi, je prends des kilomètres de notes et donne des coups de pied en dessous de la table à mon coscénariste. Les notes sont relues à tête reposée. On décode, on discute et souvent ça recoupe ce qu’on présentait déjà. Par contre, lorsqu’on se fait dire comment écrire une scène, je décroche. C’est ma « job » de trouver la solution aux problèmes soulevés. Je veux entendre le pourquoi, mais pas le comment.

    Comment réagissez-vous quand on vous demande de sacrifier des choses auxquelles vous êtes particulièrement attachés (kill your darlings)?

    Je réagis de mieux en mieux. L’expérience aide quand vient le temps de tuer ses chéris. Comme scénariste débutant, on se surprend à écrire des scènes, des séquences qui sont tellement bonnes que ça tient presque du miracle. On se bat pour les garder dans les versions ultérieures jusqu’à ce qu’on réalise (souvent après tout le monde) qu’elles nuisent au récit.  

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  • Sébastien Rose

     

    Avant que mon cœur bascule (Cité-Amérique)

     

    CINÉMA
     
    ► Avant que mon cœur bascule
    ► Le banquet
    ► La vie avec mon père
    ► Comment ma mère accoucha de moi
         durant sa ménopause


     

    On a toujours des scènes fétiches dont on est particulièrement fier. Laquelle est-ce dans votre prochain film?

    Dans La vie avec mon père, à son fils qui lui demande des conseils d'écriture,  François répond : « J'ai commencé mes plus belles phrases sans savoir comment j'allais les finir ». C'est ainsi que j'ai écrit et filmé mes meilleures scènes – comme un néant dans le néant – même si j'imagine qu'il vaut mieux connaître sa fin lorsqu'on écrit.

    Qu’est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier de scénariste? Les script-éditeurs, la littérature, le cinéma, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    Une boulimie de films et le travail avec les acteurs. Avant d'écrire, on joue toujours ce qui leur est destiné, non ?  Quelle stupeur lorsque je vois et j'entends pour la première fois un comédien incarner ce que j'ai écrit? L'inespéré, l'inattendu, le vrai, le vivant — « Comment ai-je pu inventer une chose pareille... Si j'avais su ». On souhaite tous naïvement mettre en boîte le scénario au tournage — effectuer une captation sans imprévus. C'est sans compter l'imprévisible beauté des comédiens, leur indomptable instinct. Peuvent-ils comprendre tout ce qu'ils jouent comme nous sommes censés comprendre tout ce qu'on écrit ?  L'ultime maîtrise est dans l'abandon.

    Avez-vous du mal à laisser aller votre scénario une fois qu'il est terminé? Restez-vous en contact avec le réalisateur pendant le tournage?

    J'ai énormément de mal à laisser aller le scénario. Lorsque le film se précise – une fois les acteurs engagés, une fois les décors choisis – je suis toujours surpris  à quel point une réécriture s'impose pour s'adapter à la nouvelle réalité. Un scénario n'est jamais fini. En même temps, j'ai la ferme conviction qu'il faut oublier le scénario – tourner contre — pour réaliser un bon film. D'où l'énorme malentendu, la potentielle discorde qui menacent le scénariste et le réalisateur, s'ils cessent de communiquer. Il faut apprendre à voir et à entendre le scénario, au risque de (se) tromper.

    Avez-vous des « exercices » ou « jeux » de créativité que vous faites à certains moments de l'écriture pour ouvrir des pistes ou régler certains problèmes?

    Lorsqu'une scène me donne de la difficulté, je ne me couche jamais sans l'avoir préalablement soumise à un récit. Comme avec une femme, never go to sleep with a problem.  Devant un problème persistant, je focalise sur un détail oblique et/ou incongru. Que se passe-t-il si un tigre entre dans la pièce ?  Assis à une terrasse avec ma copine, nous spéculons sur l'origine et le destin des passants. « Le troisième qui arrive par la gauche est ton futur mari ». Tout est scénario. Un regard, une couleur, une cuillerée de thé – tout peut engendrer une histoire. L'inaction et l'ivresse sont aussi une forme de travail.

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