Société des auteurs de radio, télévision et cinéma

Retour à la liste des nouvelles

Mot du président | June 30, 2017

Une onde de choc

Par Mathieu Plante

Vous êtes déjà tous au courant, la nouvelle ayant créé une véritable onde de choc le mois dernier.

Suite à la suppression par le CRTC de l’obligation pour Séries+ de consacrer 1,5 million de dollars par an au financement de dramatiques originales en langue française, il n’a fallu que trois jours à son propriétaire, CORUS, pour mettre un terme au développement de ses trois projets de fiction en français.

Dans sa grande naïveté, le CRTC avait espéré que les simples exigences de Dépenses en émissions canadiennes imposées aux groupes comme CORUS étaient suffisantes pour les inciter à financer de nouvelles productions de langue française. Avait-il oublié que CORUS est aussi propriétaire de nombreux services de langue anglaise dans lesquels il pouvait puiser pour nourrir ses canaux francophones ?

Telle était déjà notre principale angoisse, lors des audiences du 23 novembre 2016 à propos du renouvellement des licences de tous les grands groupes de télédiffuseurs francophones privés (Bell Média, Québecor Média, Groupe V, Corus et Télétoon). Ces audiences survenaient dans le contexte d’une importante révision du cadre réglementaire amorcée à la suite de la consultation publique Parlons Télé (Let’s Talk TV) qui témoignait d’une ferme volonté de déréglementer. Principalement axée sur les problèmes de la télévision anglophone, cette consultation répondait fort mal à la spécificité de notre télévision francophone. Le secteur de langue française allait-il encore jouer le rôle de dindon de la farce et se voir dangereusement rogné ? Du côté canadien-anglais, tout n’est pas rose non plus. Pour les cinq prochaines années, on estime la baisse du financement consacré aux Émissions d’intérêt national à quelque 200 millions de dollars.

L’abandon des trois séries francophones est d’autant plus navrant que Séries+, si elle portait bien son nom, aurait pu jouer d’audace comme elle l’a déjà démontré dans le passé en lançant des projets comme François en séries et Plan B, pour ne nommer que ceux-là et devenir une sorte de  « HBO québécois ». Dans une époque où la concurrence étrangère, notamment Netflix, frappe à grands coups de pieds à nos portes, réduire l’offre d’émissions de langue française est une aberration. Le 13 juin dernier, la SARTEC faisait front commun avec l’AQTIS, l’UDA, l’ARRQ, l’ADISQ et l’AQPM afin d’exiger la révision de la décision du CRTC.

Vous pouvez d’ailleurs lire notre communiqué de presse sur notre site Web. Notre combat perdurera aussi longtemps que cette dangereuse épée de Damoclès menacera notre industrie.

Dans un tout autre ordre d’idée, je vous invite à lire dans les pages qui suivent le reportage de Manon Vallée sur les ateliers que j’ai organisés et animés dans deux écoles secondaires où les élèves issus des communautés culturelles sont largement représentés. Dans le cadre du Groupe de travail sur la diversité dans les dramatiques, et afin de s’attaquer à la problématique du manque de couleur sur les écrans québécois, nous avons organisé ces deux ateliers afin d’éveiller les passions et d’outiller et les jeunes qui désirent percer le monde de l’audiovisuel. Grâce à mes invités allumés et charmants, les deux ateliers ont été une belle réussite. L’entreprise se poursuivra d’ailleurs l’an prochain dans de nouvelles écoles secondaires. 

Télécharger le PDF.

Archives