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Hélène Roy

La coalition pour l'égalité homme-femme en culture : un nouveau groupe de pression

14 juin 2016
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À la suite de l'invitation lancée par Réalisatrices Équitables, le 19 mai dernier, douze associations professionnelles de créateurs et créatrices, dont la SARTEC, se réunissaient pour une journée d'étude sur la place des femmes en création dans le domaine culturel québécois. À l'issu de cette rencontre, les participantes ont créé un nouveau groupe de pression : La coalition pour  l'égalité homme-femme en culture.

La scénariste et vice-présidente du conseil d'administration de la SARTEC, Joanne Arseneau était du nombre avec, entre autres, les représentantes de l'AQTIS, l'ARRQ, la SPACQ et l'UDA.

Lors de la conférence de presse du 13 juin dernier, la nouvelle Coalition révélait un rapport rédigé par les douze représentantes des associations professionnelles sur la place des créatrices dans les postes clés de la création de la culture au Québec.

Quelques points saillants :

  • En 2012, 40,8 % des membres de la SARTEC sont des femmes. Le pourcentage se maintient autour de 40 % en 2016. 
  • Entre 2008 et 2015,
  • 66 % des contrats en développement de scénarios de films étaient signés par des hommes contre 21 % par des femmes et 13 % par les équipes mixtes. 
  • 77 % des scénarios des films produits ont été écrits par des hommes, seulement 16 % par des femmes, et 7 % par des équipes mixtes. 
  • Quant aux cachets, il y a un écart de 5 % à l’avantage des hommes pour les contrats alloués à l’étape du développement de scénarios. L’écart se creuse jusqu’à 22 % au désavantage des femmes quant aux scénarios produits. 

 

En bref, la Coalition demande :

  • L'intégration d'un critère d’égalité homme-femme dans les règles qui définissent le choix des œuvres à produire et à diffuser, dans l’attribution des postes clés de création et dans l'attribution des fonds publics qui vont directement aux créateurs et créatrices sous forme de bourses et de résidences de création.
  • La compilation et la publication annuelle des statistiques hommes/femmes, ventilées par postes créatifs clés.
  • La mise en place d’un observatoire public de la représentation des genres dans les créations culturelles.
  • L'instauration  de  mesures incitatives pour l’intégration des  femmes  dans  les entreprises et les institutions d’enseignement du secteur numérique. 

 

Téléchargez le rapport  »  »  »  | le communiqué  »  »  »

 

 

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Le 19 mai dernier, des représentantes de 12 associations professionnelles de créateurs et de créatrices oeuvrant dans le domaine culturel québécois ont répondu à l’invitation de Réalisatrices Équitables et se sont réunies pour une journée d’étude. Elles se sont penchées sur les questions d’égalité homme-femme en culture, un domaine d’activité professionnelle traditionnellement masculin, dont les modes de rémunération n’ont pas encore été mis à jour selon les principes québécois d’équité en emploi. En rassemblant les données chiffrées disponibles et en les comparant, les participantes souhaitaient comprendre quelle était la place des créatrices dans le paysage culturel.

Le mot « créatrice » désigne ici les personnes qui génèrent directement les idées, les concepts, la vision, l’esthétisme et le contenu d’une œuvre (artistes visuel.le.s, écrivain.es, metteur.es en scène, compositeur.es, réalisateur.trices, etc.). Ont aussi été inclues les personnes qui occupent un poste clé dans la création et dont l’impact participe de manière importante à la singularité de l’œuvre (interprètes, directeurs.trices artistique, directeurs.trices photo, etc.).

Cette rencontre historique a rassemblé les représentantes des réalisatrices de cinéma (Isabelle Hayeur, ), des réalisatrices de télévision et de web séries (Nicole Dussault, ARRQ),  des auteures en radio, télévision et cinéma (Joanne Arseneau, SARTEC), des techniciennes de l’image et du son (Catherine Tessier, AQTIS), des auteures et traductrices de théâtre (Marie-Ève Gagnon, AQAD), des divers métiers de la scène théâtrale (Julie Vincent, CQT), des actrices, chanteuses, animatrices et danseuses (Denyse Marleau, UDA), des écrivaines (Danièle Simpson, UNEQ), des auteures-compositeures (Marie-Josée Dupré, SPACQ), des créatrices de jeux vidéo (Anne Gibeault), des artistes en arts visuels (Nathalie Dussault, RAAV) et en arts médiatiques (Mercedes Pacho, AAMI).

Les données cumulées ont placé les participantes face à un constat alarmant : peu de femmes, voire pratiquement aucune dans certains secteurs, créent l’imaginaire collectif québécois et canadien. Ce manque de regards féminins dans les postes clé de création a pour conséquence d’exposer chaque jour les enfants, les adolescents et les adultes à des contenus, des modèles esthétiques et des modèles comportementaux qui sont issus, en très grande majorité, des imaginaires et des fantasmes masculins. Unanimement, les participantes se sont entendues sur ce principe fondamental : pour refléter la société québécoise dans toute sa diversité, la culture doit être créée par l’ensemble des personnes qui la compose.

On compte 51% de femmes au Québec, mais cette moitié de la population participe très peu à la création de l’imaginaire collectif. Selon le rapport de l’Unesco de 2014 « Égalité des genres, culture et patrimoine », à l’échelle mondiale, les postes clés en création de la culture sont encore traditionnellement masculins, et ce, même si les femmes représentent de loin la majorité des consommateurs de biens culturels et qu’une majorité de femmes sont inscrites dans les cours universitaires liés à la culture.

Dans un deuxième temps, les participantes ont réfléchi à des solutions pour que les femmes deviennent partie prenante de la création de la culture au Québec et au Canada. Cinq recommandations sont issues de cette réflexion et visent à obtenir graduellement - et rapidement! - l’égalité en emploi dans les métiers clés de la création culturelle. Le rapport et les recommandations seront déposés au Ministère de la Culture et des Communications du Québec, au Secrétariat à la condition féminine du Québec, ainsi qu’à Patrimoine Canada dans les prochaines semaines.

À la fin de cette journée d’étude, les participantes ont crée un nouveau groupe de pression : La coalition pour l’égalité homme-femme en culture. C’est sous cette appellation qu’elles poursuivront leurs actions.

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